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Energies, changements climatiques et développement durable 

(2011)

Introduction

par Jean-Philippe Barde, Maître de Conférences à SciencesPo, ancien chef de la division des politiques nationales de l’environnement de l’OCDE.

 

Le temps presse…Aujourd’hui nous savons que notre planète ne pourra plus, avant longtemps, « soutenir » les pressions sur notre environnement exercées par les activités humaines : explosion de la consommation d’énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) et des ressources naturelles sur une planète de 6,5 milliards d’habitants (10 milliards en 2050 selon la dernière prévision des Nations Unies) ; effets dévastateurs sur la biosphère, notamment le réchauffement climatique (on prévoit + 4° à la fin du siècle), déforestation, épuisement des sols, extinction des espèces, menaces sur les ressources en eau, sans oublier les effets des pollutions sur la santé, etc. Les États agissent, mais lentement (il aura fallu 13 ans entre la Convention de Rio sur les changements climatiques et l’entrée effective en vigueur du Protocole de Kyoto, qui sera remis en question en 2012) et en ordre dispersé (par ex les USA n’ont pas ratifié le Protocole de Kyoto ; les conférences sur le changement climatique de Copenhague en 2009  et Cancun en 2010 montrent une inquiétante dispersion des positions des États). Les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, que l’on sait d’ores et déjà insuffisants, risquent fort de ne pas être atteints. Les associations et divers groupes de pression se mobilisent pour réagir… d’autres pour freiner le processus (lobby pétroliers, industriels et agricoles).

L’année 2012 sera celle de tous les dangers, mais aussi de tous les espoirs. Tous les dangers, puisque le Protocole de Kyoto arrivera à son terme et qu’un consensus international sur un nouveau protocole contraignant est loin d’être acquis : le risque d’un vide politique et juridique est réel.  L’année de tous les espoirs, avec la conférence des Nations Unies « Rio + 20 » sur le développement durable (Rio 4-6 juin 2012) qui concentrera ses travaux sur le développement durable et l’éradication de la pauvreté, ainsi que sur le cadre institutionnel mondial du développement durable.

Les Eglises ont un rôle à jouer, une parole à donner Chaque habitant de la planète est aussi partie prenante en adaptant, au jour le jour, son mode de vie dans le sens d’une plus grande responsabilité individuelle et citoyenne. Responsabilité, sobriété, solidarité entre les individus, au niveau local, entre les nations et avec les générations futures, respect de la création sont autant de valeurs qui découlent de la Bible tout entière, premier et nouveau testament. Les Églises locales, les mouvements et associations chrétiens peuvent mettre en œuvre des mesures concrètes (par ex. économies d’énergie, d’eau…), servir de relais de sensibilisation, susciter la réflexion et l’action avec un « plus » éthique et spirituel, interpeller les autorités, faire entendre la voix du partage et de la gestion responsable de la planète. Les mouvements de jeunes (par ex. Éclaireurs et Scouts) ont un rôle important d’éducation et de sensibilisation. Le Conseil Œcuménique des Églises et le mouvement « Justice, Paix et Sauvegarde de la Création » militent pour une mobilisation des Chrétiens, par exemple en incitant les Églises et paroisses à célébrer chaque année un « Temps de la Création ».  La Fédération protestante de France entend participer activement dans ces réflexions et ces actions concrètes.

 

 

 

PRIERE : Seigneur, apprends-nous à vivre avec moins de pétrole !